Et Dieu créa la femme

Nouvelle création 2019

Le premier jour, une femme. Une clown. Seule. Elle attend. Elle attend qui ? Dieu seul le sait, qui lui répond avec la Genèse. Elle est là pour être « une aide qui soit assortie à l’homme ». Mais elle ne se voyait pas comme un assortiment, elle aurait préféré être une personne. Elle a des grands désirs, elle voudrait qu’on lui dise de la poésie, du Paul Eluard. Cette poésie lui donne sa première jouissance, son premier émoi. Elle se met à nu. Mais ce n’est pas la conduite qu’on attend d’elle. C’est son premier péché. Elle a gouté au fruit défendu, est-elle encore à sa place ici ? Quel est le projet qu’on a pour elle ? Elle n’est pas sûre d’avoir envie d’entrer dans un projet qu’elle n’a pas choisi. Elle est seule. Trop petite, trop maigre. Elle se sent grosse de désirs, de puissance poétique. Elle va descendre dans le ventre du monde, dans les gargouillis de la grande gamelle pour être moins seule, pour voir si quelqu’un sait comment être une femme. De test psychologique féminin en rencontres, elle va décider de se multiplier, de trouver un homme pour faire des multiplications avec elle. De son petit corps chétif surgissent des tas de gens, de grands textes, des imprécations, des plaidoiries. Elle est sorcière, magistrat, Camille, Cyrano. Petit à petit, elle sort de sa chrysalide, s’affranchit des lois des origines, des conventions sociales, pour être une mère érotique, une femme libre.